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08-11-2006 |
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Vous faites mentir les miroirs
Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes
Cravatés, envisonnées,
Empapaoutés de morgue et d'ennui dans
l'eau verte qui descend des montagnes et
que vous vous êtes arrangés pour soumettre
À un point donné
À heure fixe
Pour vos narcissiques partouzes
Vous vous regardez et vous ne pouvez
même plus vous reconnaître
Tellement vous êtes beaux
Et vous comptez vos sous...
LÉO FERRÉ
Il n'y a plus rien
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01-12-2006 |
Encore une fois, j’ai été mal cité par un journaliste malhonnête. Patrick Lagacé, un ancien du Journal de Montréal, recyclé à La Presse, me pisse du vinaigre à petits jets, sur son « blogue ». Il prétend que je l’ai traité d’ordure, un soir, sur la rue près de chez nous. Or, c’est faux, et archi faux. Complètement faux. Je demande qu’on rectifie les faits. J’exige qu’on rétablisse la vérité. Je veux des excuses publiques. Jamais je n’ai traité le « blogueur » de La Presse d’ordure. D’ailleurs, j’ai toujours trouvé le mot ordure trop français, trop parisien, pas assez enraciné. Faut quand même garder une certaine classe! |
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01-12-2006 |
*Croisillon : n.m signifiant en québécois, croisé en miniature.
Dans "Égards", une obscure revue dite de résistance conservatrice, une espèce de conservateur volant non identifié, me pète une crise de nerfs digne d'une matante hystérique qui aurait oublié sa prescription de Prozac... |
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08-11-2006 |
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Dans le contexte du référendum de 1995. En réponse à un appel d'oeuvres de la Coop Vidéo de Montréal. Pierre Falardeau propose le détournement d'une séquence d'un film d'action par un commentaire percutant. |
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09-11-2006 |
Ou l'autopsie d’un scandale préfabriqué
[…] lutter contre un groupe armé qui met un verset du Coran sur son drapeau, ce n’est pas de l’intolérance, ce n’est pas de l’ethnocentrisme, c’est un combat pour la liberté.
Et la liberté, comme disait l’autre, c’est plus qu’une marque de yogourt.
- Richard Martineau
L’attaque non provoquée du Hezbollah a offert à Israël l’occasion extraordinaire de prouver son utilité en apportant une contribution majeure à la guerre de l’Amérique contre le terrorisme […]. L’Amérique réclame, l’Amérique a besoin d’une victoire décisive contre le Hezbollah […]. C’est donc l’occasion pour Israël de prouver ce qu’il peut faire pour son grand protecteur.
- Charles Krauthammer Le Washington Post
« On tâchera de faire mieux la prochaine fois », déclarait Ehoud Olmert quelques jours après le cessez-le-feu. Faire mieux? Des milliers de civils massacrés, ce n’est pas assez? Il lui en faut combien pour assurer la sécurité des colons juifs? Dix mille, cent mille? Et pendant que l’armée israélienne détruisait le Liban et enterrait sous les décombres hommes, femmes, vieillards, enfants, sans discrimination, deux petits journaleux aux dents longues, un tire-au-cul et un tire-au-flanc costumés en francs-tireurs, transformaient mon ami Poulin en monstre médiatique. Le méchant, c’était lui, pas l’aviation israélienne. Ni la marine, ni l’armée de terre non plus. Non, Poulin! Il n’y avait plus, ni bombes à fragmentation, ni cadavres de femmes, ni enfants mutilés. Il y avait seulement mon ami et le drapeau du Hezbollah. Les criminels de guerre, les vrais, c’étaient lui et son vieux complice Falardeau. Poulin l’islamiste, le fanatique, l’antisémite, le terroriste, le boucher, le violeur, l’égorgeur, le monstre!
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08-11-2006 |
« L’histoire ne se répète jamais, il n’y a que les journalistes qui se répètent entre eux. »
- Anonyme
En 1937, à l’âge de vingt ans, dans le premier et seul numéro de À nous la liberté, une revue qu’il vient de fonder, le jeune Guy Frégault écrit : « L’autre génération n’a pas une ‘‘âme perverse’’; elle a une ‘‘âme habituée’’. Ces gens n’ont jamais eu l’idée de rajuster le monde à la taille de l’homme […]; ils ont su pieusement s’en accommoder, tout en débitant des quantités massives de rhétorique pleurnicharde. […] Le grand secret de notre misère c’est que nous avons perdu la faim et la soif de la liberté. […] Il fut un temps il y a mettons deux siècles où les Canadiens […] étaient le peuple le plus libre de la terre, mais arrive 1760, […] il faut se soumettre. Nous nous soumettons. On finit par vivre comme on pense, n’est-ce pas? Alors la soumission devient un esclavage intérieurement accepté […], nous avons fini par troquer notre esprit de créateur contre celui de quémandeur.1»
Je ne sais pas pourquoi, mais en lisant ces lignes du grand historien qui écrira plus tard La Guerre de la Conquête, ce livre majeur, j’ai pensé immédiatement à André Pratte. Pour moi, le célèbre relationniste de presse de l’empire Power Corp. représente à la perfection le descendant-type de cette génération de morts-vivants, de vaincus heureux, de soumis satisfaits dénoncés par Frégault il y a presque soixante-dix ans. En fait, je vous raconte des peurs; si j’ai pensé à l’attaché de presse de mononcle Paul, ce n’est pas du tout un hasard. Les camarades des Éditions du Québécois m’ont demandé un avant-propos au livre de Patrick Bourgeois. Pour supposément me mettre dans l’ambiance, ils m’ont notamment envoyé une copie du dernier livre du petit Frère Pratte. Ah! les affreux! Ils m’ont gâché une partie de mes vacances. Des vrais sadiques! Me faire ça à moi, un ami qui ne leur a jamais fait de mal. Quelle horreur!
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10-09-2006 |
J'avais quinze ans. Chez mes parents, à Châteauguay, il y avait quatre ou cinq livres, pas plus. Dans le tas, Les Patriotes de David, réédité pour le centenaire de la rébellion en 1937. Je découvrais un trésor.
Un trésor dont la couverture cartonnée tenait par un fil. Le papier jauni craquait sous mes doigts.Je tournais les pages avec précaution. L'Histoire se révélait. Mon histoire.
J'apprenais des mots nouveaux. Des mots absents de l'école. Absents de la radio. Absents de la télévision. Des noms de villages où des hommes s'étaient battus jusqu'à la mort pour la liberté et l'indépendance de leur pays. De mon pays. J'apprenais les noms de Cardinal et de Duquet, deux gars de Châteauguay morts sur l'échafaud, pour avoir défendu leur peuple. J'apprenais les noms de Chevrefils, Guimond, Thibert, Laberge, tous de mon village, déportés en Australie pour haute trahison. Ces noms, je les connaissais bien. C'étaient ceux de mes voisins, de mes parents, de mes amis. L'Histoire soudain cessait d'être un mot abstrait. L'Histoire devenait essentielle, partie intégrante de ma vie. |
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